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Portrait de Rose Boissonneau-Perriguey Rose
Boissonneau-Perriguey
Unité 02 — Casillas Gamboa Supervisée par Thibault Nguyen
Apercu de la planche de vernissage

Manufacture du rouge

Requalification d'un paysage de résidus de bauxite

Le territoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean est profondément marqué par l'empreinte de l'industrie de l'aluminium. Une présence diffuse d'infrastructures, de flux énergétiques et de dépôts de matières façonne un paysage où production et résidu coexistent en tension. Le site de disposition d'Arvida, étendue rouge et silencieuse, s'impose comme une figure à la fois discrète et monumentale sur le territoire. La bauxite, matière première de l'aluminium importée du Brésil et de la Guinée, qui une fois transformée s'ancre définitivement dans le sol québécois, constitue une accumulation continue aujourd'hui proche de la saturation, soulignant les limites d'un modèle de gestion des déchets industriels fondé sur le confinement et la mise à l'écart.

Face à la saturation imminente du site de disposition des résidus de bauxite d'Arvida, le projet propose un pôle de recherche et de création visant à la valorisation des résidus de bauxite et la réhabilitation du paysage industriel. L'essai-projet propose une utopie réaliste : la Manufacture du rouge. Cette fabrique expérimentale, implantée directement au cœur du vaste bassin de résidus de bauxite, agit à la fois comme lieu de recherche, de transformation et de diffusion.

Une intervention ancrée dans la matière vise à transformer la terre rouge en éléments constructifs, explorant ses propriétés physiques, techniques et sensibles. Le projet rompt avec l'invisibilisation historique des zones industrielles, tandis qu'une architecture déployée sur le territoire invite la communauté à se réapproprier ce paysage jusqu'alors mis à l'écart. Le bâtiment devient un dispositif de révélation, rendant visibles les processus de transformation et les qualités insoupçonnées de ces résidus.

Une architecture du territoire résiduel émerge ainsi comme une manière de repenser les liens entre matière, paysage et société. Une relecture du déchet ouvre la possibilité d'un projet ancré dans les réalités contemporaines de transition écologique et industrielle.